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Au sommaire :
- La grève des coiffeuses
- Déménagement du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis : les salariées du nettoyage laissées sur le carreau !
- Les travailleurs et travailleuses immigré·es avec ou sans papiers sont dans la tourmente !
- NOS DROITS : La formation au Français
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NOS DROITS : La formation au Français
Depuis le 1er janvier 2026, les ressortissants étrangers doivent justifier une maîtrise du français :
- de niveau A2 pour solliciter un premier titre de séjour pluriannuel ;
- de niveau B1 pour une première carte de résident ;
- de niveau B2 pour une demande de naturalisation.
Attention, tous les organismes ne sont pas certifiés pour la délivrance du diplôme de langue française. Avant de vous engager dans un parcours de formation, il faut vous assurer que le centre de formation fait certifier le diplôme par un organisme agréé par la Préfecture de votre département.
Pour information, « France Education International » et « Le français des affaires de la chambre de commerce et de l’Industrie (CCI) Paris Île-de-France » sont des organismes certificateurs agréés.
Pour vous aider dans l’apprentissage du français, il faut savoir que les entreprises dans le secteur du nettoyage ont des obligations dans le cadre de la formation professionnelle.
Les formations peuvent être financées par l’employeur dans le cadre du plan de développement des compétences.
→ La convention collective nationale des entreprises de propreté prévoit que les employeurs dans ce secteur doivent proposer à leurs salariés une offre de formation pour lutter contre l’analphabétisme et l »illettrisme.
L’article 5.1.1.2 de la convention collective des entreprises de propreté prévoit que la lutte contre l’illettrisme est un objectif prioritaire à développer en vue de sécuriser les parcours professionnels et constitue un axe fondamental de formation pour les salariés rencontrant des difficultés linguistiques.
L’article 5.1.4.4 de cette convention précise que le secteur de la propreté, en tant que secteur d’intégration sociale, insère des publics, dont certains peuvent se trouver en situation d’analphabétisme ou d’illettrisme. À ce titre, les entreprises sont informées par la branche des formations pédagogiques spécifiques existantes et doivent offrir aux salariés la possibilité de se former.
→ Le Code du travail dans son article L6321-1 stipule également que l’employeur doit proposer des formations qui participent à la lutte contre illettrisme et doit proposer aux salariés allophones (dont la langue maternelle n’est pas le français) des formations visant à atteindre une connaissance de la langue française au moins égale au niveau A2.
L’accès des salariés à ces actions de formation professionnelle est assuré à l’initiative de l’employeur, le cas échéant, dans le cadre d’un plan de développement des compétences.
De plus, l’article L6321-3 du Code du travail prévoit aussi pour les salariés qui ont obtenu un premier titre de séjour et qui sont signataires d’un contrat d’intégration républicaine (CIR) que les actions de formation visant à atteindre une connaissance de la langue française au moins égale à un niveau A2 constituent un temps de travail effectif dans la limite de 80 heures et donnent lieu au maintien de la rémunération par l’employeur pendant leur réalisation.
→ Vous pouvez également utiliser votre compte personnel de formation (CPF) et bénéficier d’une autorisation d’absence pour suivre des formations vous permettant d’atteindre le niveau A2 ou plus du CECRL (cadre européen commun de référence pour les langues).
Nous vous conseillons de manifester auprès de votre employeur votre besoin de formation.
Ces formations étant rarement organisées spontanément par les employeurs, l’action syndicale peut permettre une telle mise en place.
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Les travailleurs et travailleuses immigré.e.s avec ou sans papiers sont dans la tourmente !
Les chiffres du Ministère de l’Intérieur pour 2025 montrent que les titres délivrés pour la régularisation des travailleurs sans papiers ont diminué.
La loi Darmanin et la circulaire Retailleau font beaucoup de dégâts
La loi immigration dite « Darmanin » du 25/01/2024 et la circulaire Retailleau du 23/01/2025 ont considérablement durci les conditions de régularisation des travailleurs sans papiers et les conditions de séjour en France des populations immigrées de manière générale.
Pour la régularisation des travailleurs sans papiers par le travail la procédure privilégiée par les Préfectures est celle prévue pour les métiers en tension (régularisation possible avec 3 ans de présence en France et 12 mois minimum d’expérience professionnelle (voir article 435-4 du CESEDA).
Mais la liste des métiers en tension ne correspond pas à la réalité des métiers occupés par les travailleurs sans papiers. Par exemple, en Ile de France, le nettoyage, les emplois d’exécution dans les travaux publics, les métiers non qualifiés des restaurants ne font pas partie des métiers en tension !
Le Ministère de l’intérieur insiste sur le fait que les AES (admission exceptionnelle au séjour) sont délivrées au cas par cas et selon le pouvoir discrétionnaire du Préfet.
La circulaire Valls de 2012 dont les critères avaient été élaborés après des vagues de grèves des sans papiers a été abrogée et remplacée par la circulaire Retailleau.
Les OQTF (obligations de quitter le territoire) se multiplient et rendent très difficile une régularisation ultérieure.
Une précarisation accrue pour l’ensemble des populations immigrées
Il est extrêmement difficile d’obtenir des rendez vous dans les préfectures que l’on soit en situation régulière ou irrégulière. Des salarié.e.s en France depuis très longtemps voient leur contrat de travail suspendu et sont même parfois licenciés faute d’avoir obtenu un rendez-vous à temps.
Le niveau de français exigé a été rehaussé et sert aujourd’hui de barrage pour accéder à un titre stable.
Par ailleurs, la proportion de titres provisoires (récépissés notamment) est en hausse particulièrement en Ile de France, la part la plus importante étant constatée en Seine Saint-Denis (25,7 % de titres provisoires), ce qui est le signe d’une précarisation accrue.
Face à cette situation, une seule voie possible : celle de la mobilisation !
Des manifestations pour dénoncer cette situation ont eu lieu, la dernière le 18/12/2025. Des permanences CGT se tiennent pour accueillir et informer les sans papiers ou les personnes en difficultés pour le renouvellement de leur titre.
A Paris la CGT tient cette permanence à l’union locale CGT du 19ème 1 rue de Nantes Paris 19ème chaque lundi matin.
Contactez nous pour connaître vos droits et participer aux prochaines mobilisations.
Ensemble nous sommes plus forts !
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Déménagement du Conseil Départemental de Seine St Denis : les salariées du nettoyage laissées sur le carreau !
Fin 2025 le Conseil Départemental de Seine St Denis a déménagé de Bobigny à St Denis.
Le 31 octobre 2025 le contrat a été rompu entre la société Arc en Ciel prestataire du nettoyage et le Conseil Départemental sur le site de Bobigny laissant sur le carreau 60 salariés, pour la plupart des femmes, sans salaire et sans indemnités chômage.
ARC EN CIEL, une société de sinistre réputation que nous connaissons bien !
Arc en Ciel, en redressement judiciaire a mis fin aux contrats des salariées à Bobigny mais sans les licencier ni les affecter sur un autre chantier. Nous connaissons les pratiques de cette société qui a volé ses salarié-e-s du nettoyage à l’Université de Jussieu à Paris provoquant 3 grèves successives en 2021, 2022 et 2023. Nous avons soutenu ces grèves et accompagné les salarié-e-s aux prud’hommes. C’est aussi l’accumulation des condamnations qui a conduit ARC en CIEL au bord de la faillite.
Mais, le Conseil départemental 93 a aussi sa part de responsabilité car sur son nouveau site de St Denis il a décidé de faire appel à une entreprise d’insertion sans proposer de solution à l’ensemble des ancien.ne.s salarié-e-s d’ARC en CIEL.
Ainsi 60 salarié.e.s dont certain.e.s avaient beaucoup d’ancienneté se sont retrouvé.e.s sans salaire et sans chômage car ni en emploi ni licencié.e.s
Finalement suite à la mobilisation à travers des rassemblements organisés par FO Propreté, la CGT et SUD du Conseil Départemental, 20 d’entre elles ont pu être reprises sur des sites à Bobigny par une autre société mais pour 40 autres la précarité est extrême. Les salarié-e-s se sont à nouveau mobilisées pour obtenir leurs droits le 12 février et le 11 mars 2026
Fin de la sous-traitance du nettoyage, seule solution pour sortir de la précarité !
Normalement, en cas de changement de société prestataire sur un lieu de travail, les articles 7 et suivants de la Convention Collective de la Propreté garantissent aux salarié.e.s du nettoyage la continuité de leur contrat dans la société entrante. Mais ici, le déménagement, le redressement judiciaire d’Arc en Ciel, ont plongé les salarié.e.s dans la plus grande précarité.
Seul l’emploi direct des salarié.e.s par l’entreprise ou l’administration cliente permet de garantir une stabilité dans l’emploi.
Solidarité avec les salarié.e.s du nettoyage du Conseil Départemental de Seine St Denis !
Cagnotte de solidarité :https://url.de.m.mimecastprotect.com/s/VcqmCBrDzYcLxxmczfAS2EtMT?domain=tribee.fr