Le ou la CS assiste un·e salarié·e d’une entreprise ou d’une association dépourvue de représentant·es du personnel qui est convoqué·e à un entretien préalable à licenciement, souvent pour faute grave, ou à un entretien de prétendue « négociation » d’une rupture conventionnelle. S’il ou elle attaque ensuite son employeur devant le conseil de prud’hommes, le ou la CS lui fournit une attestation témoignant du contenu de cet entretien.

L’entretien préalable à licenciement est pour le ou la salariée un moment très difficile, où l’on se sent fragilisé·e. L’utilité du ou de la CS est évidente : il s’agit d’abord de préparer l’entretien préalable à licenciement ou la rupture conventionnelle avec la personne concernée, en cherchant à comprendre la situation et son souhait (garder cet emploi ou partir), et à lui prodiguer des conseils au mieux de ses intérêts. Ensuite, il s’agit de s’adapter à la situation pour que l’entretien soit le plus exploitable possible dans l’avenir, en jouant un rôle très variable selon la demande du ou de la salariée, qui peut aller d’une simple prise de notes à une prise en main de l’entretien. Cette aide concrète est la meilleure illustration de l’intérêt du syndicat et de notre solidarité en actes.

Une mission très variée…

Durant ce mandat, un des plaisirs est de constater que nombre de chefs d’entreprise n’ont jamais rencontré de syndicaliste, et d’entendre ensuite le ou la salariée s’étonner de la politesse de son employeur pendant l’entretien. Dans de très petites entreprises, c’est souvent la première fois qu’il se sent contraint de respecter la personne et les droits du ou de la salariée. Qui y regagne une dignité payée chèrement puisqu’il ou elle sera le plus souvent licencié·e car, malheureusement, ce n’est que très rarement qu’on pourra lui éviter la faute grave, voire l’aider à conserver son poste. Par ailleurs, le ou la CS pourra remonter aux structures CGT, UL ou fédération, des informations précieuses sur une entreprise ou une association de leur périmètre.

Les situations des salarié·es sont très variées, les entreprises aussi, et les entretiens ne se ressemblent jamais On va de la TPE classique (boulangerie, petite association…) à une entreprise de plusieurs centaines de salarié·es n’ayant pas organisé d’élections ou en carence de candidats. En outre, le mandat de CS est très flexible, et chacun·e peut l’adapter à ses préférences : assumer plus ou moins d’assistances selon sa disponibilité du moment, tel type d’entretien plutôt que tel autre, tel arrondissement ou tel métier. On découvre aussi des secteurs professionnels et des métiers jusqu’alors inconnus en posant toutes les questions nécessaires pour comprendre le conflit ou la situation.

… et une expérience précieuse

Ce mandat reflète parfaitement l’utilité concrète du syndicalisme, mais il confronte aussi les syndicalistes à leurs limites : il est en effet frustrant d’intervenir alors que, très souvent, il est déjà trop tard et que des conseils en amont auraient peut-être pu améliorer la situation du ou de la salariée. En tout état de cause, c’est un mandat très formateur, d’autant plus qu’il est accessible sans grande connaissance du droit social. La formation syndicale des nouveaux CS suffit pour commencer à pratiquer, les connaissances à acquérir se limitant au droit du licenciement. Et si des camarades appréhendent la rédaction de l’attestation, nécessaire au salarié qui attaque son employeur devant le conseil de prud’hommes, ils et elles peuvent s’appuyer sur la grille proposée pendant la formation.

L’UD de Paris propose à ses CS une coordination et un soutien solides pour se former au mandat, participer à un entretien préparatoire mené par un CS expérimenté, partager des modèles de documents et échanger dans un collectif soudé par des années d’entraide. Par ailleurs, l’expérience de ce premier mandat peut être précieuse pour exercer un autre mandat du DLAJ : un·e défenseur·e qui connaît le mandat de CS pourra d’autant mieux utiliser une attestation et demander des précisions au ou à la CS qui l’a écrite.

Il s’agit donc là d’un mandat utile, formateur et gratifiant, mais qui est pourtant relativement méconnu au sein de la CGT et peu valorisé. Le ou la CS intervenant dans de petites entreprises, son rôle est éloigné des grands bastions syndicaux historiques, restreint à une pratique individuelle, et tranche donc avec les grands mouvements collectifs qui structurent l’action syndicale. Cependant, c’est un mandat essentiel pour la CGT, car il permet de rencontrer énormément de salarié·es, dont beaucoup de (futur·es) électeurs et électrices de TPE, et de leur faire toucher du doigt, dans une situation de grande fragilité, la richesse et l’apport concret d’une solidarité active.

DLAJ UD de Paris