Du 3 au 10 décembre prochain se dérouleront les élections professionnelles dans la fonction publique. Plus de cinq millions d’agent·es sont appelé·es à voter pour élire leurs représentant·es. Comme toujours, les résultats de cette élection seront scrutés, analysés et interprétés tant par le patronat que par la classe politique. Surtout en ce moment.

Il n’aura échappé à personne que nous sommes dans une année électorale, avec des échéances – présidentielle et législatives – qui se rapprochent : le premier tour de la présidentielle aura lieu juste quatre mois après ces élections dans la fonction publique. À cela s’ajoute le fait que ces élections présidentielle et législatives s’inscrivent dans un contexte très particulier, avec le danger majeur de voir l’extrême droite arriver au pouvoir pour la première fois depuis 1945.

Mener la bataille idéologique

Avec un débat public largement pollué par ces thématiques d’extrême droite, une recomposition politique qui s’accélère, comme en témoigne le glissement de la droite « classique » et libérale et une montée endémique du racisme et de la xénophobie, tous les ingrédients semblent réunis pour assister à une victoire du RN aux prochaines élections. Pour éviter ce scénario catastrophe, il n’y a pas d’autre solution que de mener la bataille idéologique, de saturer l’espace avec nos revendications et nos solutions, et de faire le lien entre démarche revendicative et lutte contre l’extrême droite.

Dans cette situation, la campagne pour les élections dans la fonction publique et leur résultat revêtent donc une importance particulière. Si elles sont en temps normal un enjeu pour toute la CGT (le vote de plus de cinq millions de fonctionnaires et son impact tant sur la représentativité que sur le rapport de force est évidemment important), c’est d’autant plus le cas dans un climat politique tel que nous le connaissons aujourd’hui. Il est donc essentiel que toute la CGT s’implique dans cette campagne, et nos structures interprofessionnelles ont donc un rôle moteur pour mobiliser largement.

C’est à la lumière de tous ces enjeux que notre Union départementale a construit son plan d’action pour les élections dans la fonction publique autour d’une campagne « Fier d’être fonctionnaire », qui s’adresse à la fois aux fonctionnaires mais également aux usager·es. Une campagne qui met en lumière et en valeur les métiers de la fonction publique, permettant de porter les revendications sur le travail, le service public, l’organisation de la société…

“Fiers d’être fonctionnaires” et “Fiers des fonctionnaires”

Défendre la fonction publique, le statut de fonctionnaire, le service public, que ce soit auprès des fonctionnaires eux et elles-mêmes ou des usager·es, a un impact important dans la bataille idéologique que nous menons face à l’extrême droite et au capital. Il n’est d’ailleurs pas anodin que le statut de fonctionnaire soit autant attaqué en ce moment, certains voulant le restreindre à certains corps quand d’autres veulent sa disparition pure et simple. Ce statut, dont nous célébrons le quatre-vingtième anniversaire cette année, est issu de la Résistance et porte en lui les valeurs de service public et d’État de droit que l’extrême droite a en horreur. Défendre ce statut aujourd’hui, dans ces élections et auprès des usager·es, en rappelant notamment son histoire, a un sens profondément politique et participe de la lutte contre l’extrême droite et ses idées. De plus, au-delà des fonctionnaires, il pose la question du travail, de sa reconnaissance, de la place qu’il a dans la société et des nouveaux droits politiques qui devraient y être liés dans un contexte de profonde transformation et de bouleversement climatique.

Ce sont autant de thèmes éminemment politiques, qui nous permettent de mettre en avant nos revendications et notre projet de transformation sociale, donc de peser sur le débat public. C’est donc bien une bataille que toute la CGT doit mener. Face aux réactionnaires, il faut affirmer que nous sommes « Fiers d’être fonctionnaires » et « Fiers des fonctionnaires ».