Cet été, notre ville de Paris va accueillir les jeux Olympiques. À l’heure où notre pays se ferme au monde en adoptant cette terrible loi dite « immigration », nos stades, nos piscines, nos gymnases, mais aussi nos rues, nos monuments, nos transports en commun, nos hôtels et restaurants, nos hôpitaux, nos parcs, nos musées vont être sous le feu des projecteurs internationaux.

Et déjà, dans les syndicats parisiens, nos camarades alertent. Dans telle entreprise, le patron veut empêcher des salariées mères célibataires de prendre leurs congés en août. Dans telle autre, le télétravail deviendrait obligatoire. Le réseau de transports publics ne pourra pas supporter la charge de voyageur·ses supplémentaire. L’hôpital public ne pourra pas accueillir dignement tou·tes ces patient·es.

Les jeux Olympiques seront un révélateur de l’état de nos services publics après des décennies de détricotage. Ils risquent aussi de servir de prétexte à accélérer la casse de nos droits, comme pour le travail du dimanche dans le secteur du commerce.

Alors quoi ? Au nom de l’olympisme, au nom des valeurs universelles du sport, les salarié·es devraient se taire, baisser la tête, travailler plus pour des salaires stagnants malgré l’inflation, voire être fier·es de servir ce grand moment ? Soyons clairs : les jeux Olympiques ne pourront avoir lieu sans les salarié·es. C’est bien nous qui faisons tourner Paris et l’Île-de-France, et il faut donc compter avec nous dans la dernière ligne droite de préparation.

Des secteurs ont déjà décidé de journées de grève. D’autres en discutent. Il est sûr en tout cas que les pouvoirs publics voudront éteindre rapidement toute contestation pour préserver l’image de Paris. Le patronat va également être vigilant, car il s’apprête, dans certains secteurs, à réaliser des profits faramineux. À nous de nous organiser, de nous coordonner, pour faire entendre les intérêts des salarié·es, sans lesquel·les ce coup de projecteur sur Paris est impossible.

L’organisation des JO pose également question sur l’aspect écologique et sur celui de la surveillance numérique. Nous y revenons dans ce dossier, ainsi que sur le sujet complexe mais central du droit du travail autour des JO.