Le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits de toutes les femmes, n’est pas un évènement ponctuel. C’est une lutte féministe que chaque travailleur, travailleuse, privé·e d’emploi ou encore retraité·e doit prendre en main pour que l’égalité entre les femmes et les hommes devienne effective dans nos secteurs et dans notre quotidien.
Cette année, le 8 mars tombe un dimanche. Cette date est donc l’occasion de mettre en lumière une réalité sociale trop souvent invisibilisée. Celles et ceux qui travaillent le dimanche sont majoritairement employé·es dans des secteurs précaires et sous valorisés : le soin, l’aide à la personne, les hôpitaux, le commerce, la propreté, la restauration ou encore les services publics. Or, ces secteurs sont très largement féminisés. La CGT Paris le rappelle, les femmes gagnent en moyenne 22 % de moins que les hommes, et 30 % de moins si on inclut les personnes qui ne sont pas en emploi. L’emploi féminin, c’est également 75 % des emplois à temps partiel, et 60 % des smicards sont des smicardes.
Le travail dominical n’est pas un choix
Derrière la question du travail le dimanche se dessine également un choix de société. Le travail dominical n’est pas neutre, il s’inscrit dans une division sexuée du travail, où les femmes occupent majoritairement les emplois les plus précaires, les moins rémunérés et les mois reconnus. La CGT revendique la limitation du travail dominical et la défense d’un droit au repos effectif. C’est aussi l’occasion de se questionner sur le travail invisible : le travail reproductif qui constitue une double peine entre charge mentale et précarité.
La CGT dénonce le travail du dimanche présenté comme relevant du volontariat. C’est en réalité une contrainte économique : bas salaires, contrats courts, temps partiel imposé, horaires fragmentés. Dans une période d’inflation et de recul de nos droits sociaux, chaque euro compte. Travailler le dimanche n’est donc pas un véritable choix.
Cette situation pose aussi la question du droit de grève. Si ce droit que nous défendons est constitutionnel et fondamental, dans les faits, son application est plus difficile pour les salarié·e.s les plus précaires : contractuel·les, intérimaires, étudiant·es salarié·es, travailleur·ses des entreprises sous-traitantes. La pression hiérarchique pèse d’autant plus sur celles et ceux dont les contrats sont les plus fragiles.
Porter cet engagement toute l’année
Ce 8 Mars nous rappelle que les inégalités professionnelles ne connaissant ni pause ni week-end, la solidarité syndicale est essentielle. La CGT doit rendre visibles celles et ceux qui ne peuvent pas toujours cesser le travail, organiser le soutien collectif et porter leurs revendications au cœur du débat public.
Pour la CGT, le 8 Mars doit être un moment de forte mobilisation pour exiger l’égalité salariale réelle, la revalorisation des métiers féminisés et la fin du temps partiel subi ou imposé. Notre engagement ne peut se limiter à une journée, il doit se construire et être porté toute l’année, dans les entreprises, les services publics et sur tous les lieux de travail, pour que l’égalité soit une réalité pour les travailleuses et les travailleurs.