Le projet de loi de finances 2027 annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu confirme une orientation claire : faire payer les économies budgétaires aux services publics, aux retraité·es, aux malades, aux travailleur·ses et aux plus précaires, tout en préservant le capital. Le gouvernement annonce environ 54 milliards d’euros d’économies. Hormis quelques secteurs sanctuarisés (défense, justice, intérieur, recherche et écologie), la plupart des ministères seraient contraints à de très fortes baisses de budget.
Coupes massives dans les dépenses publiques
Les mesures envisagées sont lourdes de conséquences sociales. Le ministère du Travail verrait son budget amputé de 2,5 milliards d’euros, avec notamment des coupes dans le compte personnel de formation. Six milliards d’euros seraient récupérés sur les retraites par une revalorisation des pensions inférieure à l’inflation ou par une réduction de l’abattement fiscal actuel de 10 %. Deux milliards d’euros seraient également économisés sur les arrêts maladie. Le point d’indice des fonctionnaires serait gelé.
Une attaque contre les droits sociaux et les plus précaires
À cela s’ajoute le projet visant à empêcher les étrangers d’accéder immédiatement aux allocations qui ne dépendent pas du travail. Une telle mesure donne du crédit à l’idée portée par l’extrême droite selon laquelle les étrangers seraient un coût et un problème.
Un recul écologique en pleine crise climatique
Alors que la France a connu l’un de ses étés les plus chauds, marqué par de nombreux feux de forêt, le gouvernement envisage de réduire encore le budget de l’Ademe, qui passerait d’un milliard d’euros en 2026 à 700 millions en 2027, soit une baisse de 30 %. Le « fonds chaleur » supporterait une grande partie de cette baisse, passant de 800 à 500 millions d’euros, malgré l’annonce estivale d’une stabilité.
Ce recul s’ajoute à des engagements déjà non tenus après les feux de forêt de 2023, notamment l’annulation de la base aérienne en Gironde et de la commande de deux Canadair, qui auraient pu améliorer les moyens et les délais d’intervention des pompiers.
Recettes préservées pour le capital
Du côté des recettes, le gouvernement promet la stabilité. Pas question de rétablir l’impôt sur la fortune, de taxer davantage l’héritage, le patrimoine ou les actifs professionnels, ni de remettre en cause la flat tax sur les dividendes. Pire encore, la surtaxe sur les grandes entreprises devrait être ramenée de 7,5 à 5 milliards d’euros. Tout est dit : pas question de remettre en cause le soutien au capital.
Un choix politique assumé
Le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure a reconnu que le budget 2025 n’avait pas été tenu. Ce dernier ciblait déjà, comme les précédents, les plus fragiles et les plus précaires. Pour justifier ce troisième « dérapage » en quatre ans, le gouvernement invoque la succession des crises : choc pétrolier, sécheresse, flambée des taux d’intérêt… Comme si les autres pays de la zone euro n’avaient pas, eux aussi, été touchés par ces crises. Ce sont bien leurs choix politiques qui sont en cause.
Pourtant, rien ne change, avec encore et toujours la même politique libérale : le gouvernement préfère couper dans les dépenses publiques et faire payer les retraité·es, les malades, les chômeur·ses, les fonctionnaires et les plus vulnérables plutôt que chercher l’argent là où il se trouve. Il poursuit une politique qui demande toujours davantage d’efforts aux plus démuni·es, tout en refusant de faire contribuer réellement les plus riches, de réduire les aides aux grandes entreprises et de lutter efficacement contre la fraude fiscale.
Face à l’austérité, la mobilisation
La seule réponse efficace est la mobilisation des travailleurs et des travailleuses pour faire cesser ces politiques mortifères, qui aggravent les inégalités, renforcent la pauvreté et avantagent les plus riches.