Depuis 2010, des flottilles sont organisées pour contester le blocus de Gaza et pour acheminer de l’aide humanitaire vers l’enclave palestinienne. Celles de 2025 ont bénéficié d’un fort retentissement médiatique, permettant de populariser la résistance face au génocide des Gazaouis.
L’organisation de flottilles vers Gaza
En mars 2024, la Cour internationale de justice exigeait d’Israël qu’il cesse d’entraver l’aide humanitaire à Gaza. En 2025, deux expéditions maritimes humanitaires ont été organisées. Le 1er juin, en Sicile, le Madleen embarquait douze personnes, dont Greta Thunberg et Rima Hassan, en direction de l’enclave palestinienne pour tenter de briser le blocus illégal. Cette première tentative a pris le nom de Waves of Freedom, organisée par la Freedom Flotilla Coalition. Le Madleen a été intercepté par l’armée israélienne le 9 juin. Les douze personnes ont été emprisonnées, avant d’être renvoyées en Europe.
La seconde flottille de 2025 s’est formée progressivement à partir de plusieurs ports méditerranéens. Partie de Barcelone début septembre, la flottille d’une vingtaine de bateaux a été rejointe en cours de route par des embarcations en provenance de Tunisie, de Sicile et de Crète. Au total, quarante-cinq bateaux ont navigué en direction de Gaza, transportant environ cinq cents personnes venant de quarante-quatre pays, dont trente-deux Français. Il s’agit de la Global Sumud Flotilla, « sumud » signifiant persévérance en arabe.
Plus grand convoi civil de ce type, ayant ainsi un caractère historique, cette flottille humanitaire, internationaliste, pacifiste et légale a embarqué des parlementaires, des militant·es, des journalistes, des médecins. Parmi elles et eux, citons Cédric Caubère, secrétaire général de l’UD CGT de Haute-Garonne, Greta Thunberg, Rima Hassan et Émilien Urbach, journaliste à L’Humanité. Interceptée le 1er octobre, la flottille a tout de même brisé symboliquement le blocus illégal de Gaza. Quel courage !
La brutalité de l’État israélien
Avant l’interception par l’armée israélienne, des drones avaient attaqué des bateaux, qui ont été ensuite saisis. Leurs passagers ont été incarcérés à la prison de Ketziot, lieu d’emprisonnement arbitraire et de torture. Rappelons que plus de onze mille Palestiniens sont incarcérés dans les prisons israéliennes sous le statut de la « détention administrative », c’est-à-dire sans procès ni jugement, et pour une durée potentiellement illimitée. Ils sont soumis à des privations de nourriture et à des passages à tabac réguliers. Greta Thunberg et Rima Hassan, en particulier, ont témoigné de ce qu’elles ont subi en termes de violence morale et physique, d’humiliation et de mauvais traitements. Heureusement, les avocats d’Adalah (centre juridique pour les droits de la minorité arabe en Israël) ont pu porter une assistance juridique à nos camarades emprisonné·es.
Cette flottille a libéré une nouvelle vague de haine de l’extrême droite. Mais aussi provoqué indifférence, ironie et mépris de la part du gouvernement français et de la Commission européenne, alors que des ressortissants de plusieurs pays européens étaient en très mauvaise posture. Notons tout de même le soutien du gouvernement espagnol, d’une partie de la gauche politique et sociale européenne et méditerranéenne, et de la solidarité notoire de la Confédération syndicale internationale. Une solidarité qui conduit à penser qu’une nouvelle flottille sera prochainement organisée.
L’engagement de la CGT à poursuivre la lutte
Les vidéos de Cédric Caubère depuis un navire de la flottille pour soutenir la cause du peuple palestinien ont fortement retenti au sein de la CGT et à l’extérieur. À tout moment, les militant·es de la flottille, soumis à des dangers, ont relativisé leur propre situation, par égard à ce que subissent les Gazaouis et tous les Palestiniens. L’UD CGT de Paris a joué un rôle dans la tenue le 3 octobre de la conférence de presse à la Bourse du travail (photo ci-contre) qui visait à soutenir nos camarades emprisonnés et à dénoncer la passivité du gouvernement français. Puis la CGT s’est beaucoup mobilisée pour accueillir le 7 octobre à l’aéroport d’Orly, après une escale à Athènes, les trente-deux membres français de la flottille, dont notre camarade Cédric Caubère (photo ci-contre).
Depuis le 13 octobre, en vertu de l’accord de paix soutenu par les États-Unis, les armes auraient dû se taire à Gaza. Hélas ! nous en sommes encore loin. Alors que la France a enfin reconnu l’État de Palestine le 22 septembre, lors de l’assemblée générale de l’ONU, notre amie Hala Abou Assira, ambassadrice de Palestine en France, rappelle que la création de l’État palestinien passe par le respect des frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale. La CGT va continuer à agir au sein du collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens. Nous réaffirmons notre attachement au droit international et à l’autodétermination du peuple palestinien. De nouvelles sanctions envers Israël doivent être engagées. Les livraisons d’armes vers Israël doivent cesser. La responsabilité juridique de l’État français pourrait être engagée pour « inaction et silence » vis-à-vis de la violation du droit international par Israël.