Il s’agit d’une attaque sans précédent contre l’information et la défense des consommateur·ices : le gouvernement annonce la liquidation de l’Institut national de la consommation (INC) et la cession de son magazine 60 Millions de consommateurs au secteur privé. Avec huit autres associations de consommateur·ices, Indécosa-CGT, association de consommateur·ices à laquelle sont rattaché·es gratuitement tou·tes les adhérent·es de la CGT, a exprimé dans un communiqué commun « colère et indignation ». Son représentant à Paris revient ci-dessous sur ce scandale.
Le gouvernement s’est servi de l’adoption du budget grâce à l’article 49-3 pour organiser la liquidation de l’INC et la privatisation de 60 Millions de consommateurs, malgré la ferme opposition de la Commission des finances de l’Assemblée nationale.
Établissement public industriel et commercial (Epic), l’INC emploie cinquante-deux salarié·es équivalent temps plein et une dizaine de pigistes réguliers. Son coût, pour la collectivité nationale, est extrêmement modeste : environ 3 centimes d’euro par Français·e, soit 1,8 million d’euros de subvention annuelle. L’INC est un centre de ressources et d’expertise au service des consommateur·ices et des associations qui les représentent et les défendent. À ce titre, il appuie les travaux du Conseil national de la consommation, réalisant pour ce faire des études, des enquêtes et des essais sur des produits et des services.
Cinquante ans de révélations
La liquidation de l’INC et la privatisation de son magazine 60 Millions de consommateurs est une attaque sans précédent contre un pilier de l’information et de la défense des consommateur·ices. Ainsi, c’est ce magazine qui a révélé, fin 2025, le scandale des poupées sexuelles du groupe chinois Shein. Depuis plus de cinquante ans, ils’en prend au pouvoir économique et défend les consommateurs. À ce titre, le magazine s’est illustré dans plusieurs combat emblématiques : les hormones et antibiotiques dans le veau (1974), les sièges auto dangereux pour bébés (1976), les urgences hospitalières défaillantes (1992), les collèges Pailleron dangereux (1994), les maisons de retraite indignes (1998), les syndics abusifs (2007) ou les pesticides dans les couches et les protections périodiques (2017).
“Irresponsabilité politique majeure”
Comme le souligne le communiqué des associations de consommateur·ices, « cette décision intervient dans un contexte où les ménages subissent de plein fouet l’inflation, la multiplication des arnaques, la complexité croissante des contrats et la toute-puissance des stratégies marketing. Affaiblir l’information indépendante dans ce contexterelève d’une irresponsabilité politique majeure. » Cette décision illustre de manière exemplaire la politique du gouvernement dans son rapport aux producteurs et aux consommateur·ices. L’INC bénéficiait d’un budget inférieur à deux millions d’euros, notoirement insuffisant pour informer les consommateur·ices (c’est-à-dire la totalité de la population française). Parallèlement, comme l’a prouvé un rapport sénatorial, les producteurs (les entreprises) perçoivent plus de deux cents milliards d’euros d’aides publiques annuelles, le plus souvent distribuées sans aucun contrôle sur leur impact social et environnemental.
À son niveau, Indécosa-CGT refuse cette liquidation et cette privatisation et s’emploie à convaincre ses interlocuteurs réguliers de la nécessité de se rassembler pour tenter de peser sur le gouvernement afin qu’il revienne sur une décision injustifiable et manifestement contraire à l’intérêt général.
Loïc Daguzan, président d’Indécosa-CGT Paris
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Mieux connaître Indécosa-CGT
Indécosa-CGT (pour Information défense des consommateurs salariés) est une association loi 1901 créée par la CGT en 1979. Son principal objectif est la défense de tous les consommateur·ices du salarié au retraité. Elle pratique ainsi la défense individuelle et/ou collective. Reconnue et agréée par l’État comme représentative, elle participe aux principales instances de concertation où sont débattues avec les professionnels, sous l’arbitrage des pouvoirs publics, les intérêts des consommateur·ices.
Ouverte à tous, Indécosa-CGT est amenée à prendre en compte les litiges soulevés par ses adhérent·es et, le cas échéant, à les accompagner en justice. Elle se finance grâce aux cotisations versées par ses adhérent·es, par des subventions versées par l’État, la vente de sa revue bimestrielle IN Magazine, de diverses publications d’information et de matériels.
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