
Depuis le 2 mars, un collectif de femmes, coiffeuses et esthéticiennes originaires de différents pays d’Afrique subsaharienne, soutenues et accompagnées par la CGT auquel se sont joints quelques hommes employés dans le salon ont décidé de se mettre en grève et d’occuper leur salon, un établissement situé au 65 du célèbre boulevard de Strasbourg. Par la lutte elles et ils entendent dénoncer la surexploitation qu’elles et ils subissent pour certaines depuis de nombreuses années. D’abord elles exigent le paiement intégral des salaires non versés depuis plusieurs mois. Mais elles dénoncent aussi des conditions de travail indignes : des journées de travail harassantes de 10 h du matin à 20 h pour une seule journée de repos hebdomadaire, l’absence de congés payés et une rémunération non conforme à la convention collective de la branche esthétique et cosmétique. De plus, c’est aussi leur santé qui a été mise à mal par l’utilisation de produits cosmétiques possiblement toxiques et non conformes aux normes en vigueur. Enfin, elles et ils entendent mettre fin au scandaleux racket dont celles et ceux qui ne détiennent ou ne détenaient pas encore de titre de séjour, à savoir la « restitution » en liquide de la somme mensuelle de 250 euros en moyenne par chacune et chacun à leur employeur. Ainsi, s’ajoute à la longue liste des infractions au droit du travail, un abus de vulnérabilité pesant sur celles et ceux en attente de régularisation. Nous y voyons des similitudes avec ce qui se passe parfois dans le nettoyage.
Mais depuis le 2 mars, elles ont transformé le 65 boulevard de Strasbourg en un espace de lutte joyeux, où les soutiens affluent de toute part. Chaque jour, ce sont les militantes et militants de la CGT bien sûr, qui viennent à leur rencontre mais aussi élu·es parisiennes et journalistes qui donnent à cette lutte toute la résonance qu’elles et ils dont en droit d’attendre. La journée internationale pour le droit des femmes, aura été le point d’orgue de la première semaine de mobilisation, où elles ont pris toute leur place. Au 65 la beauté de la lutte et la force de la solidarité qui s’organise se conjuguent au sérieux dont elles et ils font preuve pour décider de leur stratégie de lutte, avec un niveau d’auto-organisation exemplaire.
Ce mouvement à bien des égards emblématique de la surexploitation dont sont victimes les travailleuses et travailleurs étrangers, avec ou sans titres de séjour, et tout particulière-ment les femmes mérite un soutien à la hauteur de leur courage et de leur détermination collective. La solidarité financière constitue évidemment la priorité pour poursuivre la lutte jusqu’à la victoire finale, qu’il s’agisse des salaires dus, du respect du droit du travail et de leur rémunération mais aussi de la régularisation de celles et ceux qui ont vécu cet odieux racket.
Venez les rencontrer au 65 bd de Strasbourg Paris 10e ! Versez à leur caisse de grève https://www.helloasso.com/associations/union-syndicale-cgt-du-commerce-et-des-services-de-paris/formulaires/3