Maintenance Industrie, titulaire du marché du nettoyage des centres des Finances publiques à Paris, n’avait pas remis aux salarié·es les chèques-cadeaux de fin d’année du CSE. Pétitions, courriers, rassemblement, ils et elles ont fini par les obtenir le 10 février. Mais pas que.
Encouragé·es, Ils et elles ont alors établi un cahier de revendications : allongement des temps partiels imposés, prime de nettoyage des vêtements de travail. Sans réponse de l’employeur, une grève a commencé le 24 février, et la réponse est arrivée tout de suite : la police. La grève s’est alors poursuivie. Pendant deux mois, rassemblements devant le siège de la société (rue d’Annam, dans le 20e), devant la DRFIP, devant divers centres des Finances publiques se sont succédé sans résultat autre que la proposition provocatrice d’accorder 0,50 € par mois de prime pour nettoyer les blouses de travail sur la base d’un temps plein.
Le 22 avril les grévistes et leurs soutiens sont allé·es manifester au siège d’Isor, associé unique de Maintenance Industrie. Le lendemain, banderole déployée et distribution de tracts au musée du Petit-Palais, où Maintenance Industrie entretient la vitrerie.
Quelques jours plus tard, des négociations sérieuses ont commencé et, le 5 mai, un protocole d’accord a été signé. Les grévistes qui le demandaient ont obtenu en moyenne une heure de travail de plus par jour ; ceux qui n’en demandaient pas ont obtenu une prime mensuelle de 15 € pour trois d’entre elles et eux, et une prime de remise en état égale à 60 % des jours de grève a été accordée. Toutes les revendications n’ont pas été satisfaites mais c’est une grande avancée pour le pouvoir d’achat des salarié·es.
Quatre militant·es du Collectif nettoyage de la CGT, ont accompagné au jour le jour les grévistes. Les soutiens ont été nombreux dans les rassemblements, et les agent·es et militant·es CGT des Finances publiques, les habitant·es du 20e, l’Union départementale CGT de Paris, les structures syndicales CGT parisiennes, syndicats ou unions locales, des militantes intersyndicales féministes, des élu·es de Paris ou député·es du Parti communiste et de L’Après ont alimenté la caisse de grève. Au final, les grévistes n’ont pas perdu d’argent durant la grève.
Cette grève à peine terminée, un militant du Collectif nettoyage, Fabrice, était convoqué par la Direction parisienne des Finances publiques le 19 mai. Une procédure disciplinaire semblait se profiler. Mais, à l’heure de l’entretien, un rassemblement de plus de cent personnes (agent·es, militant·es de la CGT, de Solidaires, de FO ainsi que des élu·es) s’est tenu devant la DRFIP, accueillant Fabrice au son des tam-tam et avec des slogans de soutien. La direction a alors dit qu’il s’agissait d’un malentendu et qu’aucune sanction n’était envisagée.
Quand on vous dit que la lutte paie.