Edito du bulletin du collectif nettoyage de Paris
Le 19 mai 2026, les coiffeuses et employés du 65 Bd de Strasbourg ont levé l’occupation de leur salon après 2 mois et demi de grève pour obtenir le paiement de leurs salaires et, pour une partie d’entre elles et eux qui étaient sans papiers, leur régularisation. L’entreprise est en liquidation judiciaire et les grévistes sont en cours de régularisation. Les extorsions d’argent, les heures non payées, les produits toxiques c’est fini grâce à la grève, à leur détermination sans faille, à une médiatisation importante et un large soutien dont elles et ils ont bénéficié.
Nous ne pouvons que nous en réjouir et nous avons fêté l’événement comme il se doit.
Mais pour une victoire, combien de salarié·es étranger.e.s encore dans la galère, qu’ils aient ou non des papiers ?
Pour ceux et celles qui n’ont pas de papiers c’est le parcours du combattant pour obtenir une régularisation. Les métiers en tension permettent d’obtenir un titre plus rapidement mais la liste des métiers concernés est très restrictive en particulier en Ile de France (par exemple, le nettoyage et la construction ne sont pas concernés).
Pour les salarié-e-s du nettoyage il faut avoir 7 ans de présence en France pour espérer obtenir une régularisation.
Même pour les salarié-e-s qui vivent depuis longtemps en France, les renouvellements de carte deviennent des épreuves. Beaucoup de Préfectures ne donnent pas de rendez vous avant l’expiration des titres et des salarié-e-s se retrouvent avec des suspensions de contrat de travail, sans salaire ou même licencié-e-s !
A tel point que le Conseil d’Etat, dans une décision du 5 mai 2026, vient de mettre en demeure l’Etat de garantir un accès normal pour les usagers aux services des préfectures et à la plate-forme en ligne ANEF, avec des délais à respecter, afin de faciliter les renouvellements et de permettre de faire des demandes sans difficulté. En attendant, les populations immigrées en France souffrent dans leur quotidien.
Espérons que la décision du Conseil d’Etat du 5 mai annonce une amélioration.
Mais nous devons surtout compter sur nos mobilisations syndicales et associatives pour obliger l’Etat à respecter enfin les droits des personnes étrangères en France.