Cet été, la planète brûle, à un niveau inédit dans l’histoire humaine. Les salarié⋅es étouffent sur leur lieu de travail car le patronat est prêt à risquer leur vie plutôt que de renoncer à une portion de ses profits. Les plantes et les animaux succombent en masse à des températures qui dépassent leurs limites vitales. Derrière ces incendies et ces canicules extrêmes à répétition, la responsabilité est connue de longue date : la fuite en avant mortifère du capitalisme, à l’origine du réchauffement global que nous connaissons depuis des décennies.

Ce qui est en jeu n’est rien moins que le maintien de conditions climatiques vivables dans nos régions et sur la majorité de la planète. Pour cela, il faudra freiner autant que possible le réchauffement en réduisant drastiquement les émissions de gaz à effet de serre ; et en atténuer les effets en aménageant les espaces et infrastructures pour y limiter la chaleur, mais aussi adapter le travail en permettant l’arrêt des productions sous fortes chaleurs.

Une transformation profonde de nos modes de production est donc incontournable. Et dans cette transformation, les travailleurs et les travailleuses organisé⋅es ont un rôle central à jouer. D’abord car aucune transition ne se fera par la bonne volonté du patronat, surtout pas au moment où les industries fossiles ont retrouvé les faveurs explicites de nombreux États. Ensuite parce qu’une transition écologique menée sans les salarié⋅es se fera à leur détriment et ne pourra donner naissance qu’à un capitalisme vert autoritaire.

Pour imposer une économie qui place au centre les humains, les autres êtres vivants et la préservation des ressources, il faudra une CGT forte, capable de construire des rapports de force solides face à un patronat qui ne reculera jamais volontairement. Notre organisation est-elle à la hauteur de cette urgence aujourd’hui ? C’est loin d’être le cas, mais nous y travaillons sans relâche chaque jour et nous devons continuer à le faire, en multipliant les luttes locales victorieuses qui démontrent concrètement qu’il existe une alternative au fatalisme ou au repli identitaire : l’organisation collective est toujours le seul levier à notre disposition pour déjouer la catastrophe.