À près d’un an du rendez-vous électoral de la présidentielle et des législatives de 2022, le pouvoir politique reste fidèle aux intérêts capitalistes et se moque des besoins du peuple. Ainsi, les restructurations hospitalières se poursuivent selon la même logique qui sévit depuis quinze ans. La crise sanitaire nous enseigne de réarmer l’hôpital public et l’industrie qui y est liée ; le gouvernement fait l’inverse. Des travaux sont engagés à l’Hôtel-Dieu : pas pour accroître les capacités de soin mais pour y construire une luxueuse galerie commerciale. Dans un autre registre, plutôt que de combattre le chômage, le pouvoir choisit de combattre les privé·es d’emploi en relançant son ignoble réforme. Il est très violent de durcir l’accès à l’allocation chômage et de réduire le montant des allocations alors que le chômage augmente.

Se situer un an après le premier confinement et cent cinquante ans après de début de la Commune de Paris provoque une réflexion mêlée : l’envie d’en découdre ne saurait rester sous cloche. La raison cartésienne pousse à la prudence face aux variants du coronavirus, tandis que l’urgence sociale pousse à sortir dans la rue. C’est contradictoire. Le résultat en est une participation en demi-teinte aux rassemblements et cortèges revendicatifs.

Pourtant, la journée du 16 mars a été pleine de promesses sur la rive gauche de la Seine. Celles d’un printemps des luttes qui se dessine.  En effet, malgré le couvre-feu, les crises économique et sanitaire attisent les braises de la colère. Le rassemblement des postiers devant le siège de La Poste contestait les réorganisations nuisibles à l’emploi et au service public. Le rassemblement devant le ministère de « la Transformation et de la Fonction publique » rejetait la loi du 6 août 2019 et en particulier l’allongement de la durée du travail (à contre-sens de l’histoire sociale). Un cortège étudiant s’est mu depuis le ministère du Travail pour se rendre au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche afin d’exiger des moyens pour étudier et dire non aux précarités économiques, sanitaires et pédagogiques. L’assemblée générale des métiers du spectacle, devant le théâtre de l’Odéon occupé, en était à sa douzième édition, pour la réouverture des lieux culturels et contre la réforme de l’assurance-chômage. Enfin, malgré le dispositif policier qui dissuadait de participer à la manifestation – pourtant déclarée – contre la loi Sécurité globale devant le Sénat, des centaines de citoyen·nes – syndicalistes, journalistes, militant·es des droits humains, parlementaires – se sont néanmoins rassemblés.

Une victoire de la CGT aux élections dans les TPE (très petites entreprises) viendrait confirmer ce climat de luttes revendicatives. Le scrutin a lieu du 22 mars au 4 avril. La campagne engagée depuis des semaines va donc mobiliser une grande énergie militante jusqu’au 4 avril inclus. Les pouvoirs publics ne font pas grand-chose pour inciter les salarié·es à participer au vote. Comme les fois précédentes, c’est le travail syndical de terrain qui sera déterminant.