Les huit Unions syndicales de retraités·es CGT d’Île-de-France ont décidé d’interpeller la directrice générale de l’Agence régionale de santé d’Île-de-France Madame Amélie Verdier pour lui redire que la CGT n’accepte pas le traitement réservé aux citoyens de la Région en termes d’accès aux soins. Ci-après le courrier qui lui a été adressé.

Le Projet régional de santé (PRS) est un document stratégique qui définit la politique régionale de santé. Il est révisé tous les cinq ans. Contrairement à beaucoup d’idées reçues, la Région est le premier désert médical de France ! Et le futur PRS s’inscrit une fois de plus dans la continuité des politiques d’austérité. Or ce sont bien ces politiques qui ont abouti à la situation catastrophique dans laquelle se trouve aujourd’hui notre système de santé.

En 2000, l’OMS considérait que la France avait le meilleur système de santé du monde. Le numerus clausus, l’avalanche de réformes et de budgets destinés à faire des économies nous ont conduits à une crise sanitaire majeure, crise qui s’aggrave année après année.

Des nourrissons aux personnes âgées, l’accès aux soins est de plus en plus difficile.

Le tri des patients se généralise, entraînant des souffrances inutiles, des maladies qui s’aggravent, voire une surmortalité, et des surcoûts parfaitement évitables.

En cette fin d’année, deux textes d’une extrême importance pour la santé des Francilien·nes risquent d’être adoptés, sauf mobilisation unitaire des personnels et de la population : le PRS Île-de-France)2023-2028, et le PLFSS (Projet de loi de financement de la Sécurité sociale) 2024-2027.

Le PRS L’Île-de-France

L’Île-de-France est une région riche. Pourtant, elle est devenue le premier désert médical de France. Le souci du service public est loin d’y être une priorité. Au contraire, c’est devenu un gigantesque marché pour les multinationales telles que Ramsay, Orpéa, Clariance (ex-Korian)… Les dépassements d’honoraires enrichissent les actionnaires pendant que les tarifs des complémentaires santé s’envolent et que les établissements publics manquent de moyens.

Le PRS via les ARS (agences régionales de santé, bras armés du gouvernement) s’inscrit dans la mise en œuvre de cette politique austéritaire. Le manque de budget, de personnels, de médecins retentit sur la qualité de la prise en charge. Avec l’arrivée aux grands âges des générations du baby-boom, la situation va encore s’aggraver si on ne dégage pas d’urgence les moyens publics nécessaires.

Des assureurs, des organisations veulent en profiter pour faire payer davantage les personnes âgées ayant besoin d’aide, leurs familles, la population. Nous refusons. Avec deux cents milliards d’euros d’aide aux entreprises par an, personne ne peut dire qu’il n’y a pas d’argent.

Au Conseil régional, le projet de PRS a été rejeté en bloc par les élu·es, qui regrettent que l’ARS ne propose pas de rupture réelle avec les choix antérieurs, « qui ont mis à mal le service public de santé et l’hôpital public ».

À cela s’ajoute le PLFSS

La population française augmente, vieillit, et les traitements sont de plus en plus onéreux. Pourtant, l’augmentation du budget santé de la Sécurité sociale (Ondam) n’est prévue qu’à hauteur de 3,42 %. Ce budget ne permet aucun redressement de notre système de santé. Bien au contraire, les mesures se multiplient pour rendre l’accès à la prévention et aux soins plus difficile (comme le 15 avant d’aller aux urgences). Il ne permet pas d’embaucher des personnels, de rouvrir des lits, ce qui serait pourtant nécessaire. La CGT condamne ce budget inacceptable.

Les Unions syndicales de retraités·es CGT des départements d’Île-de-France exigent d’urgence un budget santé et autonomie à hauteur des besoins, la création de centres de santé publics ou associatifs non lucratifs, une loi Grand Âge dotée des moyens nécessaires (budget et personnels, investissement dans les établissements publics à tarif abordable, aides suffisantes pour celles et ceux qui font le choix de rester à leur domicile), un grand service public de l’autonomie en établissement comme à domicile.

La santé n’est pas un business, elle ne peut pas être une activité marchande, elle doit être un service public. Et elle doit être prise en charge à 100 %, et permettre l’accès de toutes et de tous aux soins de proximité et aux soins spécialisés dans des délais brefs, ainsi qu’une égalité de traitement suivant son lieu d’habitation et son revenu.

Recevez, Madame la Directrice, nos sincères salutations.