Les élections dans les très petites entreprises (TPE) vont se dérouler du 25 novembre au 9 décembre 2024. Elles sont une occasion pour la CGT d’aller au contact de travailleur·ses qui, souvent, sont très éloigné·es du syndicalisme, alors même que ce sont souvent les plus précaires. Pour rappel, ces élections TPE concernent cinq millions de travailleuses et de travailleurs, dont un million en Île-de-France.
Lors du dernier scrutin, la participation aux élections dans les TPE n’a été que de 5,44 %. La CGT passe donc à côté d’énormément de salarié·es. Cela signifie aussi qu’elle peut et doit faire mieux, d’autant plus qu’elle arrive largement en tête de ces élections. Chaque salarié·e qui ne vote pas, c’est donc potentiellement une voix de moins pour la CGT.
Cinq millions de travailleur·ses, c’est vingt pour cent du salariat privé, avec un poids comparable en termes de représentativité, que ce soit pour les prud’hommes, les branches ou l’interprofessionnel. L’enjeu de cette campagne, c’est donc bien le renforcement de la CGT. C’est organiser le salariat partout, quelle que soit sa situation, lui permettre de se mobiliser pour défendre ses droits et en conquérir de nouveaux, et augmenter le rapport de force général face au patronat.
Une initiative réussie
Les travailleur·ses des petites entreprises sont déjà le plus souvent privé·s des garanties collectives – comme l’accès à des activités sociales, par exemple – qui existent dans de plus grandes entreprises grâce aux batailles syndicales victorieuses menées depuis tant d’années. Nous ne pouvons accepter qu’ils et elles soient des salarié·es de seconde zone en raison de la taille de leur entreprise.
Mais pour cela, il faut une présence et une activité syndicale. Il est donc essentiel de considérer cette échéance électorale comme une opportunité de déploiement en masse afin de renforcer notre présence syndicale, et en faire par conséquent une vraie campagne d’implantation.
À Paris, ce travail a déjà commencé. D’abord par un ciblage des TPE sur le territoire parisien, en identifiant les zones où celles-ci sont le plus concentrées pour permettre les déploiements les plus efficaces. L’UD a également organisé une formation « porteur de parole » du 21 au 23 mai à destination des UL afin qu’elles puissent utiliser cette méthode de déploiement inspirée de l’éducation populaire pour aller à la rencontre des salarié·es de ces entreprises.
Le 23 mai toujours, nous lancions notre campagne TPE avec une initiative sur le parvis de la gare Saint-Lazare de 12 h à 14 h. Elle visait à la fois à visibiliser la CGT sur ce sujet et à prendre des contacts avec les salarié·es des TPE. Ce fut une réussite. Une cinquantaine de militant·es de nos syndicats et unions locales se sont déployé·es dans les commerces de la gare et aux alentours pour faire connaître les revendications et propositions de la CGT pour les travailleur·ses des TPE tout en maintenant un point fixe bien identifié permettant des discussions plus poussées et des prises de contact. Cette première initiative en appelle bien évidemment d’autres tout au long de l’année et jusqu’à la fin du vote, en variant les lieux et les modes de déploiement afin de toucher largement les salarié·es concerné·es.
L’affaire de tout le monde
Notre structure DLAJ (droits, libertés, action juridique) va également être très importante dans le cadre de cette campagne. Un grand nombre de salarié·es TPE poussent les portes de nos permanences juridiques à la recherche d’une écoute, d’un conseil, d’un appui. Il est essentiel de sensibiliser les camarades qui tiennent ces permanences ainsi que nos mandaté·es qui interviennent sur les aspects juridiques (conseiller.es du salarié, défenseur.es syndicaux/ales, conseiller.es prud’homaux/ales), car il s’agit aussi bien évidemment de faire connaître ces élections aux salarié·es des TPE venant solliciter un appui juridique, et se saisir de ces occasions pour les syndiquer.
Enfin, cette campagne doit être une priorité pour toute la CGT. Elle ne peut pas reposer seulement sur les structures interpro et les fédérations concernées. Il est impératif que chaque syndicat, du public comme du privé, se saisisse de cette campagne et participe aux différentes initiatives et déploiements. C’est une occasion de réellement « faire confédération », d’être la CGT de tou·tes les travailleur·ses en la renforçant partout. À nous de nous en donner les moyens.