Le 18e Congrès de l’Union locale (UL) des syndicats CGT des 5e et 6e arrondissement de Paris s’est tenu les 26 et 27 juin à la Bourse du travail. Et il a fait montre d’une vitalité tout à fait réjouissante.
Le 18e Congrès de l’UL 5e-6e, qui s’est déroulé en juin, a connu une affluence plus importante que le précédent, du fait notamment de la participation de nouvelles sections, en particulier dans la culture (Panthéon, Cluny, Beaux-Arts). Il a été le reflet du dynamisme de l’UL au cours du dernier mandat.Il a donné lieu à deux jours de discussions nourries, en présence d’une soixantaine de militant⋅es représentant une vingtaine de syndicats de professions diverses : commerce, enseignement supérieur et recherche, Monnaie de Paris, La Poste, réparation automobile, habitat social, territoriaux, Croix-Rouge, culture, la Mutualité, ainsi que des représentant⋅es du collectif des retraité⋅es et du collectif féministe en non-mixité de l’UL.
Le rapport sur la situation internationale a mis l’accent sur le génocide palestinien et rappelé le soutien de l’UL au peuple palestinien par des appels aux manifestations et des actions locales, comme le rassemblement avec les collaborateurs parlementaires devant le Sénat.
Cibler des entreprises
L’actualité sociale a permis de lancer les premiers débats sur les conséquences des différentes « réformes » macronistes dans nos secteurs et comment les combattre collectivement, notamment au travers de nos expériences de luttes parfois victorieuses, menées dernièrement sur notre secteur géographique : la Croix-Rouge, Gibert Joseph, le musée de Cluny, le Museum national d’histoire naturelle, ou encore les éboueurs du 5e-6e. Les discussions ont mis en évidence l’importance de la communication entre les secteurs et de la place centrale de l’interprofessionnel dans la lutte.
Le rapport d’activité a fait le point sur ce qui a été mis en place depuis le congrès précédent, ce qui a fonctionné et ce qu’il faut améliorer, rappelant à tous et toutes que ce sont les syndicats qui font vivre l’union locale et l’interpro. L’UL a été présente aussi bien dans les luttes locales que lors des mobilisations nationales et internationales. Ce qui a fonctionné, c’est le travail de terrain et le travail juridique, comme la tournée des très petites entreprises pour les élections, l’aide à la création de syndicats comme par exemple dans le secteur de la boulangerie ou les victoires aux prud’hommes. L’UL veut continuer les tournées ciblées des entreprises, pour faire connaître la CGT, organiser les salarié·es et les syndiquer.
La formation est, avec la syndicalisation, un enjeu majeur pour l’UL. Les formations « Participer à la vie de la CGT » affichent complet, le format et la communication pour « Écrire un tract ou lire sa fiche de paie » doivent être ajustées. Les « mardis cinéma » et « l’arpentage » (méthode de lecture collective d’un livre, issue de l’éducation populaire) rencontrent un succès grandissant et créent une culture commune. Des journées d’études seront proposées sur la prise de parole en public, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ou les instances dans le privé et dans le public. La vie syndicale a aussi été animée, avec des réunions de direction tous les quinze jours et des AG de syndiqué⋅es régulières. La création d’un bureau est actée.
Les questions féministes au cœur du débat
Une demi-journée de congrès a été consacrée à la casse de la Sécurité sociale et l’état de la santé publique, en particulier à Paris, thématique présentée par une camarade du collectif des retraité·es avec des débats sur les mutuelles et l’hôpital public. Démonstration, au passage, de la nécessité de maintenir et renforcer les liens avec les camarades retraité.es.
Un camarade de l’UD est intervenu sur la lutte contre les idées d’extrême droite et rappelé l’importance de la formation pour construire des argumentaires et mener des campagnes dans les entreprises.
L’organisation des précaires et privé·es d’emploi a été initiée, sachant qu’avec la présence de nombreuses universités dans le périmètre de l’UL, la précarité des étudiant·es et de beaucoup de diplômé·es est une réalité.
Les interventions des camarades du collectif féministe en non-mixité de L’UL ont rappelé leur soutien aux personnes victimes de violences sexistes et sexuelles (VSS) et leur lutte pour l’égalité salariale ou encore le congé hormonal. Ce collectif participe aux journées internationales et nationales. Des camarades femmes ont témoigné sur le sexisme au travail mais aussi à la CGT. Un débat s’est engagé sur le traitement des VSS dans les entreprises, mais aussi sur les difficultés des femmes à prendre la parole dans les instances représentatives du personnel devant une direction violente et sexiste.
Le rapport financier a permis de que l’avenir peut être envisagé sereinement. On a évoqué de nouveaux aménagements des locaux, la modernisation des outils de reprographie, et une réflexion à terme sur l’achat de nouveaux locaux.
L’UL 5e-6e sort de ce congrès avec un co-secrétariat femme/homme, un conseil syndical de vingt membres, neuf femmes et onze hommes, treize salarié·es du public et sept du privé. Cette nouvelle direction va s’attaquer à l’organisation d’assemblées générales des militant⋅es pour préparer et organiser les mobilisations, de formations et de journées d’études, et faire le tour des entreprises pour implanter la CGT là où elle est absente.