Le mois de février qui vient de s’écouler a été marqué par la mort d’un militant néofasciste à Lyon. Plus encore que ce dramatique évènement, ce sont ses conséquences politiques qui doivent nous interpeller. Reprenant le narratif de l’extrême droite, une grande partie du champ politique, allant de la droite gouvernementale jusqu’à une partie de la gauche, s’est lancée dans une offensive idéologique visant à stigmatiser l’antifascisme et la gauche radicale et à les rendre coupables de tous les maux. Cette offensive, abondamment relayée par les médias dominants, a culminé avec la minute de silence à l’Assemblée nationale en hommage au militant néofasciste décédé. Cette minute de silence est tout sauf anecdotique. Elle constitue un point de bascule fasciste, un de plus, dans une période déjà lourde de menaces en ce sens. Rendre hommage dans l’Assemblée nationale à un militant néofasciste membre de groupuscules violents et fondamentalement racistes, antisémites et antirépublicains accélère encore un peu plus la banalisation des idées d’extrême droite. Le fait que la plus grande partie du champ politique n’y ait rien trouvé à redire est extrêmement inquiétant, c’est un symptôme de la recomposition politique à l’œuvre dans notre pays.

Il est nécessaire de le rappeler : l’extrême droite n’arrive jamais seule au pouvoir, c’est toujours une recomposition politique autour de ses idées qui lui prépare le terrain. Dans cette situation, notre syndicalisme a un grand rôle à jouer si nous voulons déjouer le scénario catastrophe qui se profile.

D’abord en menant la bataille partout pour faire gagner nos revendications sociales, en rassemblant le monde du travail, en prenant de front la question du racisme et en le faisant reculer pour le renvoyer dans les tréfonds obscurs de la conscience humaine. Notre UD s’y emploie déjà en créant un collectif antiraciste et en animant des journées d’étude pour lutter contre le racisme au travail.

Nous jouons notre rôle aussi en ayant une attention particulière à la question de l’unité. Pour battre l’extrême droite et la faire reculer durablement, il faut un large front antifasciste de toutes les forces démocratiques et de progrès. Notre place d’organisation de masse nous confère une grande responsabilité dans ce travail unitaire, que ce soit avec les autres organisations syndicales, le monde associatif ou les organisations politiques. Notre UD s’y emploie en étant active dans le cadre unitaire antifasciste parisien, dans l’AES Paris, et en s’impliquant concrètement dans le travail de rapprochement avec la FSU. L’extrême droite divise, le syndicalisme, lui, doit rassembler.

Bien sûr, pour mener cette bataille revendicative et idéologique, il faut des forces militantes nombreuses et déterminées. Renforcer notre organisation est donc une priorité, comme l’a rappelé notre UD lors de son dernier congrès, du 10 au 12 février dernier.

La feuille de route est claire : face à la menace des fascistes, se renforcer, rassembler, gagner et les faire reculer !