La crise sanitaire du coronavirus est la preuve absolue de la nocivité des politiques néolibérales des trente dernières années. Les investissements et les moyens de fonctionnement ont tant été diminués que le pays n’arrive pas à faire face à la situation. Le capitalisme mondialisé a engendré des interdépendances qui fragilisent tout le monde. Si le système sanitaire avait été en ordre de marche et réactif, nous n’en serions sûrement pas à ce confinement. Cette crise valide donc nos analyses maintes fois répétées.

Le monde du travail est bouleversé. C’est pourquoi l’Union départementale des Syndicats CGT de Paris lance des alertes, condamne certaines mesures gouvernementales, dénonce des attitudes patronales, formule des revendications et appelle à agir selon les modalités compatibles avec la période, y compris la grève.

Nous insistons sur le fait que le gouvernement n’est pas à la hauteur de la crise sanitaire. Nous déplorons son retard à l’allumage, son décalage constant quant aux mesures à prendre, ses messages contradictoires du type « restez chez vous, mais maintenez l’activité économique ».

Avant-hier, c’est le ministre de l’agriculture qui invitait les Français à migrer vers les champs en dépit de l’appel au confinement !

Nous savions que le système de santé était délabré en raison des politiques mises en œuvre depuis plusieurs quinquennats. Les luttes ont été nombreuses dans les hôpitaux, dans les Ehpad, chez les pompiers… Les réponses de l’Etat ont été le mépris et la répression plutôt que la mise à niveau des moyens humains et matériels nécessaires. Nous en payons aujourd’hui les conséquences. C’est pourquoi nous appelons à signer la pétition de soutien aux professionnels de santé qui ont porté plainte contre des membres du gouvernement

https://www.change.org/p/peuple-français-nous-soutenons-les-600-médecins-qui-attaquent-e-philippe-et-a-buzyn-en-justice-b56ff44b-f70a-401c-b43b-5f35bb827aa1

et celle qui demande du matériel de protection pour nos soignants https://www.change.org/p/ministère-de-la-santé-covid-19-du-matériel-de-protection-pour-nos-soignants.

Quant au patronat, il n’est pas crédible lorsqu’il encense les services publics et la protection sociale au vu de son positionnement de ces dernières décennies. Dans les faits, on assiste à des situations professionnelles qui sont inadmissibles. D’une part, les salarié.e.s qui doivent travailler en raison du caractère prioritaire de leur profession ne sont pas assez protégés. Les salariés de la sous-traitance et de l’intérim sont surexposés tant les entreprises utilisatrices considèrent leur responsabilité diluée. Les travailleurs sans-papiers sont en première ligne comme les autres travailleurs précaires. D’autre part, de nombreux salariés qui sont sur leur lieu de travail devraient être en confinement.

Listons les activités humaines indispensables en ce moment : soigner ; protéger ; accélérer la recherche médicale et coopérer à l’international en la matière ; nourrir ; répondre aux besoins fondamentaux en assurant la continuité de plusieurs services publics :

eau potable, évacuation et traitement des eaux usées, électricité, gaz, télécommunication, logement, évacuation et traitement des déchets, transports publics ; accueillir les enfants des travailleuses et travailleurs des activités citées ci-dessus ; instruire, enseigner, informer, cultiver : à distance.

Et aussi, disons-le, assurer la continuité des activités funéraires.

Nous demandons à ce que toutes les protections nécessaires soient assurées pour sécuriser les travailleurs, les usagers des transports en commun, les consommateurs.

En cas de télétravail à domicile, nous demandons un accompagnement de la part des employeurs car les télétravailleurs confinés deviennent des travailleurs isolés, avec les risques qui y sont inhérents. La fiche de l’INRS « Télétravail, quelle protection pour le télétravailleur ? » est disponible sur Internet.  

Nous revendiquons le confinement des travailleurs de toutes les activités qui ne sont pas indispensables. Être confiné suppose d’avoir un logement, alors que tant de personnes sont sans abri ou dans un habitat indigne. C’est pourquoi nous soutenons la pétition « Covid 19 :

SOS sans logis, mal logés et locataires » https://www.change.org/p/emmanuel-macron-covid19-sos-sans-logis-mal-logés-et-locataires-d947ed4c-e333-4b0e-aa80-cd840eab96d6?recruiter=29060274&recruited_by_id=9fe77670-e3c1-012f-6320-4040f855b16c

Nous sommes dans une prise de conscience collective de ce que signifient les différentes formes d’isolement social et d’enfermement. En ce moment, nous sommes tous moins libres en raison de l’état d’urgence sanitaire et nous sommes plus nombreux à connaître la solitude. De nouveaux numéros verts sont à mettre en place par les pouvoirs publics, dans cette période où les liens sociaux sont distendus.

Le besoin de syndicalisme est grand comme en témoignent les nombreuses demandes des salariés quant à leurs droits. La période actuelle ne doit pas être l’occasion de remettre en cause les prérogatives et les droits des représentants du personnel.

S’il faut être attentif plus que jamais à toutes les personnes les plus fragiles, les plus exposées, les plus précaires, il nous faut aussi préparer la sortie de crise sanitaire en délibérant collectivement de ce que pourrait être une société solidaire et égalitaire.

Dans l’immédiat, nous revendiquons l’arrêt de tout licenciement et le maintien de toutes les rémunérations du travail. Nous exigeons le respect du droit du travail et condamnons les mesures dérogatoires ayant trait notamment à la durée du travail et aux congés payés. Nous demandons l’abandon définitif du jour de carence. 

Nous exigeons l’abandon pur et simple des réformes de l’assurance chômage, de la fonction publique et des retraites.

Nous revendiquons la relocalisation et l’appropriation publique des secteurs stratégiques, de recherche, industriels et de services, qui concourent à la santé publique.

Et enfin, nous pourrions assortir nos « applaudissements de 20 heures » de slogans revendicatifs pour montrer que la lutte continue en toute circonstance ! En effet, il ne saurait y avoir une quelconque « union sacrée ».

Paris, le 26 mars 2020.