Face au projet de réforme du lycée professionnel, la CGT Éduc’Action appelle tous les personnels à se mobiliser le 12 décembre. La voie professionnelle sous statut scolaire concerne 37 % des élèves, et celles et ceux que le lycée professionnel (LP) accueille sont, à 57 %, d’origine sociale défavorisée. Par conséquent, cette réforme va surtout impacter les jeunes issu∙es des milieux populaires. Pour la CGT, la voie professionnelle doit former l’individu, or la réforme Macron a pour seule boussole l’employabilité immédiate, au détriment des autres missions : éducation, ouverture culturelle, culture professionnelle, citoyenneté.

La réforme Macron des lycées professionnels veut répondre à la logique politique de la loi « plein emploi » et orienter à tout prix dans les métiers en tension et d’avenir. À l’image de France Travail, qui va contraindre les privé·es d’emploi à accepter n’importe quel travail. Jamais ne sont évoquées la précarité des contrats de travail, la nécessité d’élever le niveau des qualifications, l’augmentation des salaires, l’amélioration des conditions de travail et de sécurité.

France Travail : fournir une main d’œuvre précaire, corvéable et à moindre coût

Tout le public lié à France Travail sera soumis à un contrat d’engagement : 15 heures minimum d’activités hebdomadaires obligatoires. Avec le dispositif « Ambition emploi », les élèves de la voie professionnelle sans solution après quatre mois, titulaires ou non d’un diplôme, se verront contraint∙es de signer un contrat d’engagement jeune(CEJ). Dès l’année de terminale, France Travail animera un module de formation intitulé « Avenir pro »pour inciter les jeunes des LP à se diriger vers les besoins en emplois locaux.

L’unique but de cette réforme : répondre aux besoins du patronat

L’élaboration de la carte des formations se construira en mettant en adéquation les formations et les besoins des entreprises. Par conséquent il est prévu : de fermer 100 % des formations prétendument non insérantes en 2026 pour ouvrir des formations dans les métiers en tension ou d’avenir ; de développer des bac + 1 ou certificats de spécialisation non qualifiants ; d’adapter les contenus des diplômes aux demandes des entreprises par une coloration donnant lieu à la délivrance d’une attestation.

Non seulement les élèves vont être enchaîné·es aux formations de leur territoire, mais la poursuite de leurs études sera compromise. Le développement de ces formations non qualifiantes va fabriquer un salariat low cost.

Pour la CGT Éduc’action, l’objectif du LP doit être l’émancipation de toutes et de tous, bien au-delà d’une prétendue adéquation à court terme avec un monde du travail en perpétuelle transformation.

Les stages : main d’œuvre gratuite pour les entreprises

L’allocation varie entre 1,40 € et 2,80 € de l’heure et sera financée non par les entreprises mais par de l’argent public. Cette gratification apparente les élèves à un salariat low cost et amène à considérer les stages comme du travail alors qu’il s’agit de périodes de formation. De plus, elle risque de dissuader les élèves de s’engager dans la poursuite de leurs études.

La CGT Éduc’action revendique une allocation d’études pour toutes et tous  les lycéen·nes, une revalorisation des bourses et une réintégration des lycées dans l’éducation prioritaire.

Les lycées professionnels doivent rester au service des élèves

Les LP n’ont pas vocation à être au service des entreprises mais bien à celui des élèves. On ne forme pas mieux « sur le tas ». Poussée par la rentabilité, l’entreprise n’en a ni le temps ni les moyens. De plus, elle présente pour les jeunes – qui, de surcroît, ne peuvent se défendre – les mêmes risques liés aux manquements à la sécurité, à l’exposition aux produits dangereux, aux accidents du travail et aux violences sexistes et sexuelles que pour les adultes. Cette réforme consacre le passage de l’apprentissage d’un métier à l’acquisition de compétences pour une employabilité immédiate. Elle s’attaque aux diplômes et à la qualification et, in fine, au salaire.

La CGT Éduc’action, attachée à la valeur émancipatrice de l’école, demande le retrait de cette réforme et réaffirme sa revendication d’une scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans afin de renforcer l’égalité des chances. Elle appelle à une grande journée de mobilisation le 12 décembre.