La COP 30 se réunit en ce moment à Belém, dix ans après les accords de Paris. Les données scientifiques du Giec étant publiques, nul ne peut nier le dérèglement climatique en cours. Le monde du travail est pleinement concerné, en raison d’une dangerosité accrue au travail et lors des trajets professionnels.

En France, le dérèglement climatique est déjà palpable. La température moyenne sera plus élevée de 2,5 °C en 2030 et de 3,8 °C en 2100 par rapport au début du xxe siècle. Les enjeux de la COP 30 sont les suivants : appliquer les décisions déjà prises dans le passé, réduire les gaz à effet de serre, sortir des énergies fossiles, financer l’adaptation au changement climatique dans les pays les plus vulnérables et les plus pauvres. La création du collectif Écologie de l’UD, notre participation à l’Alliance écologique et sociale de Paris, notre participation à la manifestation « Climat, justice, libertés » du 28 septembre dessinent un axe symbolique Paris-Belém.

Risque de crue importante

Regardons quelques effets du dérèglement climatique sur la sécurité et la santé des travailleur·ses à Paris. Pour cela, il est utile de s’appuyer sur le rapport de l’OIT publié en avril 2024. Il pointe six types de risques : la chaleur excessive, les rayons ultraviolets, les phénomènes météorologiques extrêmes, la pollution atmosphérique, les maladies à transmission vectorielle et les produits agrochimiques.

Paris est déjà connu pour être un îlot urbain de chaleur, qui accentue les effets de la canicule (été 2025, par exemple), et pour ses violents orages, qui inondent les rues et le métro, comme le 25 juin dernier. Au contraire des inondations dues aux orages, les crues de la Seine procèdent d’une cinétique lente. Malgré les bassins de rétention en amont de Paris, une crue importante de la Seine devient plus probable avec le dérèglement climatique. Le 4 juin 2016, la valeur de crue de la Seine avait atteint 6,10 m au pont d’Austerlitz. On est certes loin du record de 1910 (8,62 m), mais le risque de crue importante est pris au sérieux par la mairie et par la préfecture. Par exemple, une crue majeure comme celle de 1910 réduirait de 40 % les capacités d’hospitalisation à Paris.

Mort sur un chantier

Le 20 octobre, à Ermont, un travailleur de 23 ans a été tué sur un chantier et quatre autres personnes ont été grièvement blessées quand une tornade a fait s’écrouler trois grues. La ville de Rio Bonito do Iguaçu a été violemment frappée par une tornade le 7 novembre au sud du Brésil. Cela démontre que ces phénomènes extrêmes peuvent se déclencher en zone urbaine dense.

Identifier toutes les conséquences du dérèglement climatique sur le travail à Paris nécessiterait de rédiger un dossier volumineux. Gageons que cela sera fait. Citons rapidement les pics d’ozone très fréquents en été lorsque la pollution atmosphérique se conjugue à la chaleur. Le site Internet d’Airparif nous tient informés en temps réel des pollutions atmosphériques. Citons aussi le paradoxe d’une exposition accrue aux maladies « tropicales » transmises par les moustiques, les puces et les tiques, dans une ville qui se végétalise progressivement afin de créer des îlots de fraîcheur. Rappelons que l’UD de Paris soutient la politique de création d’emplois dans les secteurs de l’isolation thermique et de la végétalisation.

Journée d’étude programmée par l’UD

L’UD de Paris a été auditionnée lors de l’élaboration du rapport officiel « Paris à 50° » et participe à l’observatoire des conditions de travail à Paris. En juin 2023, l’UD de Paris lançait une campagne sur le travail par forte chaleur. Les écrits et la vidéo sont toujours disponibles sur le site Internet de l’UD. Outre les problèmes des chantiers en extérieur et des conditions de travail du secteur tertiaire, nous devons nous préoccuper de la situation du télétravail exercé par des salarié·es isolé·es : qu’advient-il en cas de malaise dû à la chaleur ?

La quatrième partie du Code du travail pointe la responsabilité des employeurs à propos de la santé et de la sécurité des travailleurs et des travailleuses. Le syndicalisme doit s’atteler beaucoup plus qu’aujourd’hui à la prise en compte des problématiques liées au dérèglement climatique. Le 4 décembre, une journée d’étude intitulée « Quelle action syndicale CGT pour l’environnement ? » est programmée par l’UD. Les stagiaires aborderont la stratégie de la CGT, l’avis du Cese ayant trait au changement climatique, l’IA, les prérogatives environnementales des CSE, le radar « travail et environnement ». Anticipation, transparence, plans de prévention, droits d’intervention des travailleur·ses doivent être les maîtres-mots de l’adaptation au changement climatique.