Dans un contexte international marqué par une intensification des tensions géopolitiques et une progression des extrêmes droites dans le monde et notamment en Europe, la perspective d’une accession au pouvoir du Rassemblement national (RN) lors de la prochaine élection présidentielle est au cœur des préoccupations de cette rentrée.

Prétendant répondre à la colère des travailleuses et des travailleurs par un programme prétendument social, le RN a pourtant toujours démontré, par le vote de ses député·es, qu’il n’est pas le défenseur des intérêts des salarié·es. Il suffit pour s’en convaincre d’observer la fracture entre cette rhétorique et les actes de ses élu·es, que ce soit sur l’augmentation du Smic, sur le financement de la protection sociale ou sur la réforme des retraites. Mais la focalisation sur les questions d’immigration et de sécurité, au cœur de polémiques médiatiques incessantes, lui permet d’occulter les questions économiques et sociales qui sont pourtant les préoccupations principales des travailleuses et des travailleurs, des retraité·es et des privé·es d’emploi.

Pourtant, ces problématiques sont nombreuses et essentielles : destruction d’emplois, hausse des accidents du travail, baisse en euros constants de la rémunération des fonctionnaires de 15 % en dix ans de présidence Macron, explosion des dividendes versés aux actionnaires, hausse de la mortalité infantile, attaques contre les droits des femmes, etc. Dans à ce contexte inquiétant, l’action collective reste le levier principal pour transformer la frustration en un mouvement constructif de transformation du travail et de la société.

Là où nous sommes organisé·es, nous pouvons lutter. Là où nous sommes organisé·es, nous pouvons gagner. À chaque victoire partagée, nous brisons le sentiment d’impuissance et redonnons l’envie de se battre. C’est ce qu’ont montré cet été, et avec brio, nos camarades du Samusocial 75, dont la grève débutée en juin a duré deux mois. Leur victoire sur de nombreuses revendications tant des grévistes que des familles à la rue a permis de faire la preuve que lorsque l’on se bat de manière unitaire, que l’on est organisé·es, soutenu·es et que l’on a une caisse de grève qui permet de tenir, on gagne.

Seule la multiplication de luttes victorieuses de ce type nous permettra de saturer l’espace médiatique, de rendre audible nos revendications, de remettre au cœur du débat publique la question des salaires, des pensions, de l’égalité femmes-hommes, de l’environnement, du logement ou des travailleur·ses sans papiers, et de faire reculer la menace fasciste.