Réfugié une fois encore derrière l’épouvantail de « ladette-qui-obère-l’avenir-de-nos-enfants-et-nous-conduit-droit-à-la catastrophe », le gouvernement propose en guise de budget des mesures exclusivement antisociales. Ce faisant, il remet involontairement la question sociale au centre du débat politique. Depuis plusieurs semaines, ce ne sont plus les thèmes nauséabonds de l’extrême droite qui occupent le haut du pavé médiatique : nos salaires, nos jours de congés, nos services publics, les cadeaux gratuits au patronat et à la finance les ont remplacés.

L’extrême droite, qui a tenté de faire mainmise sur une journée de protestation aux contours mal définis, s’est finalement mise à l’écart du 10 septembre. C’est logique, car « elle n’a pas vocation à crier dans un haut-parleur », surtout… lorsqu’il s’agit de revendications sociales.

La rentrée sociale sera donc chaude, avec deux dates importantes qui se sont imposées : après le 10, c’est le 18 septembre qui nous mobilisera, à l’appel de l’intersyndicale.

La rentrée politique sera aussi animée : le Premier ministre a décidé de jouer son va-tout devant l’Assemblée nationale, contribuant ainsi à faire croître une instabilité politique qui peut aller jusqu’à de nouvelles élections.

Pour que l’extrême droite ne soit pas en position de remporter la mise et que la droite ne puisse pas se cramponner encore au pouvoir en jouant les (faux) remparts, pour que la question sociale pose le cadre du débat politique des prochains mois, nous devons réussir nos prochaines mobilisations et les inscrire dans la durée.

Le mouvement syndical, les travailleuses et les travailleurs peuvent imposer qu’à l’issue de cette séquence, riche de dangers mais aussi d’opportunités, nos revendications sociales, féministes, démocratiques, écologiques et antiracistes soient victorieuses. Le progrès social n’est pas une revendication égoïste : il est le garant d’un véritable progrès démocratique et du retour de la paix.

La balle est dans notre camp : le mois de septembre est un moment qu’il faut réussir si nous voulons qu’il se prolonge. Et la victoire sera exigeante : elle nous impose de rechercher en permanence l’unité la plus large, de peser de notre mieux sur les profits et d’avoir le souffle long, plus long que celui de nos adversaires.