Alors que le gouvernement joue la montre et que la droite et l’extrême droite font tout leur possible pour vider le texte de tout ce qui pourrait menacer les intérêts des ultrariches, des actionnaires et des grandes entreprises, il est plus que jamais nécessaire de maintenir la pression pour gagner de vraies mesures de justice fiscale. À défaut de mobilisation, le budget aura un goût amer pour celles et ceux qui vivent de leur travail.

L’horloge tourne, et deux dates fatidiques viennent restreindre l’espace nécessaire aux débats sur le budget 2026 : le 23 novembre, date avant laquelle les député·es doivent avoir traité les milliers d’amendements restant pour aller au vote, sans quoi le texte sera transmis automatiquement au Sénat « dans l’état où il se trouve », sans vote de l’Assemblée nationale ; le 23 décembre, avec la fin du délai global de soixante-dix jours accordé au Parlement, délai avant lequel le Sénat doit s’être prononcé (12 décembre) et un accord doit avoir été trouvé entre les député·es et les sénateur·ices.

Jusqu’à présent, si le débat sur la justice fiscale et la participation des plus riches – poussé par la mobilisation sociale – a bien eu lieu, il s’est heurté à un barrage de la droite et de l’extrême droite, main dans la main pour protéger les grandes fortunes, et les « avancées » sont bien maigres :

  • une surtaxe des grandes entreprises (taux porté à 35,3 %) et des entreprises de taille intermédiaire (5 %), bien insuffisante ;
  • une taxe sur les « superdividendes » dont le rendement dépendra des décrets d’application et de l’assiette retenue ;
  • une hausse de la taxe sur les services numériques dont le taux passe de 3 à 6 %, mesure bien marginale au regard des bénéfices engrangés par les grandes entreprises de la tech ;
  • le rétablissement de l’« exit-tax », visant à empêcher les riches de quitter le pays pour échapper à l’impôt, mais qui ne rapporterait que de 60 à 80 millions d’euros par an en régime de croisière.

En revanche, toujours rien sur les niches fiscales, qui ont coûté 91,8 milliards d’euros à l’État en 2025. Pire : de nouveaux dispositifs d’évitement fiscal ont été rétablis ou créés.

En ce dernier trimestre 2025, il faut tout faire pour arracher de réelles victoires au Parlement et faire grandir un projet de société en rupture avec les impasses capitalistes, qu’elles soient néolibérales, de droite ou d’extrême droite. C’est tout le sens des très nombreuses initiatives parisiennes pour parvenir à la plus grande mobilisation possible pour la journée de grèves et de manifestations du 2 décembre prochain.

Ensemble, partout dans le pays, amplifions nos actions pour créer le rapport de force nécessaire à la résistance et à la construction de l’alternative en France et dans le monde, pour prendre le parti du travail contre le capital, de la paix contre les bellicismes.

Emmanuel Cottin, UD de Paris